Grossesse : les femmes enceintes et la vape

Des difficultés pour arrêter de fumer

On sait qu’il est vivement déconseillé aux femmes enceintes de fumer pendant leur grossesse. Pourtant, d’après un rapport de l’Agence Nationale Santé Publique France portant sur l’évolution de la consommation de tabac en France, elles étaient, en 2016, plus de 16 % à continuer de fumer au 3ème trimestre de leur grossesse. Cette pratique n’est pas sans danger pour le foetus et peut entraîner un risque accru de maladies respiratoires (asthme notamment), d’accouchements prématurés, de malformations, de fausses couches et même de morts subites du nourrisson. Mais nous ne sommes pas là pour vous réprimander, nous savons à quel point il est difficile de se débarrasser définitivement de l’emprise du tabac. Si vous avez décidé d’en finir avec la cigarette, pour votre bien être et celui de votre enfant à venir, nous sommes là pour vous aider et répondre à vos interrogations, notamment sur la cigarette électronique !

La cigarette électronique, une solution envisageable

Il est d’abord nécessaire de rappeler que si de nombreuses études scientifiques ont prouvé la moindre dangerosité de la cigarette électronique par rapport à la cigarette traditionnelle, son innocuité n’a pas encore été démontrée. C’est un processus lent, qui nécessite de nombreuses années de recul. Le Royal College of Midwives, le premier syndicat britannique des sages-femmes, a cependant livré au mois de mai 2019 un plaidoyer assez clair en faveur de la vape : « la vapeur de cigarette électronique contient certaines toxines, mais à un niveau considérablement plus faible que dans la fumée de cigarette traditionnelle. Si une fumeuse enceinte choisit d'essayer la vape et que cela l'aide à arrêter de fumer et à rester abstinente, elle doit recevoir du soutien de la part des professionnels de santé. (...) D'après les données disponibles sur l'innocuité de la cigarette électronique, il n'y a aucune raison de croire que son utilisation puisse engendrer des risques pour la santé ou provoquer des effets néfastes sur l'allaitement maternel. » On peut lire la déclaration complète, relayée par le scientifique et expert français de la nicotine Jacques Le Houezec et par le Cardiologue grec Konstantinos Farsalinos, directement sur le site du Royal College of Midwives.

Des composants sans risques avérés pour la santé

Mais les sages femmes ne sont pas les seules à encourager cette pratique. Plusieurs professionnels de santé indépendants rappellent ainsi que les composants contenus dans les liquides pour cigarettes électroniques ne présentent pas de risque avéré pour la santé. Rappelons-le, un e-liquide se compose d’une base, elle-même composée de propylène glycol et de glycérine végétale, et d’arômes alimentaires. Ces éléments sont déjà présents dans plusieurs produits de consommation courante, issus notamment de l’industrie agro-alimentaire et cosmétique. Par conséquent, les années de recul sont suffisantes pour pouvoir affirmer que ces ingrédients, dans des quantités respectées, n’ont pas d’impact sur notre corps. Des chercheurs de l'Université de l'Ohio ont ainsi démontré, grâce à des poumons de veau, que le vapotage n'engendrait aucune modification des tissus. Aucun risque, donc, qu’il puisse modifier la composition cellulaire des poumons de votre futur enfant.

Une étude encourageante !

Enfin, une récente étude également issue du corps enseignant et universitaire a permis de constater que la vape n'entraînait pas d’accouchement prématuré ou de poids plume à la naissance. Pour démontrer cela, les docteurs Brendan P. McDonnell et Carmen Regan, spécialistes supérieurs en obstétrique et gynécologie à l'Hôpital universitaire pour femmes et enfants en bas âge de Coombe, à Dublin, ont menés des recherches approfondies sur un panel de 129 futurs mamans vapoteuses. Les résultats recueillis après leurs accouchements parlent d’eux-mêmes. Le poids moyen des bébés nés d’utilisatrices de cigarettes électroniques était de 3,482 kilogrammes, un poids semblable à celui d’un bébé de non-fumeuse et évidemment supérieur au poids d’un bébé d’un parent fumeur. Les grossesses des vapoteuses ont suivi leurs cours comme celles des non fumeuses et aucun cas de détresse respiratoire n’a été observé chez les nouveaux nés des vapoteuses, alors que c’est une situation relativement fréquente chez les enfants de fumeuses.

Conclusion

Si ces données sont rassurantes, rappelez-vous qu’il est toujours préférable de s’abstenir. Au moindre doute, nous vous conseillons d’aborder la question avec votre médecin traitant, votre sage-femme ou votre gynécologue.